Le compost en tas, dans le jardin de Pradeepa

L'équipe et la famille pose devant le travail accompli!

Voici la première d’une série de fiches pratiques sur la biodiversité portant sur le jardinage bio. Elles sont réalisées à partir de mes expériences de l’été alors que j’accompagne des groupes de voyageurs français « solidaires ». Ils – ou plutôt elles, car il s’agit en très grande majorité de femmes – ont choisi de dédier une partie de leur temps de vacances à la rencontre des Sri Lankais, sur des projets environnementaux. En même temps, c’est tous les jours un apprentissage : des méthodes de compostage à la construction de barrières végétales, des règles de certification « bio » aux avantages de la polyculture à outrance, des réflexions et concepts posés sur plans aux sourires satisfaits des fins de journées, on apprend tout autant qu’on donne! Aujourd’hui, la méthode du compost en tas!

C’est dans le jardin de Pradeepa, sur les hauteurs du  village de Mirihawatte (dans les montagnes, près de Bandarawela, à environ 2 100 m d’altitude) que nous bâtissons notre tas de compost. Une étape essentielle pour le jardinage bio. Ici, les jardins sont vastes et les plantes poussent vite. La matière pour le compost ne manque pas. La méthode idéale pour ce lieu, c’est le compostage en tas, une technique idéale pour les jardins qui produisent beaucoup de déchets verts.

On prépare le bout de terrain carré réservé pour le compost, à mi-ombre, marqué par les piquets à chaque coin, 4 m2. On le bêche avec un mamothi et on réserve la matière verte. Puis on aère la terre en la piquant.

Collecte de branchages et feuilles mortes.

Collecte de branchages et feuilles mortes.

On récolte feuilles et petit bois mort en grande quantité. C’est ce qui constituera la matière carbonée – avec la paille, la sciure de bois, du papier ou carton. Parallèlement, on a à disposition les déchets azotés du jardin, la matière verte – mauvaises herbes, déjections animales (on a acheté 3 sacs de fumier de vache, chèvre, poule), les branchages verts des barrières végétales, des feuilles de bananier, des déchets de cuisine…

Sur une surface de 1m2 de cette terre aérée et bien arrosée, on dispose méthodiquement une couche épaisse de matières sèches et mortes (feuilles et petits branchages). Environ 15 cm de hauteur. On arrose bien.

Arroser très généreusement entre chaque couche.

Arroser très généreusement entre chaque couche.

Puis on continue avec des matières vertes, sur le même carré, environ la même hauteur. On saupoudre généreusement de fumier de poule et on arrose à nouveau généreusement.

On répète cette superposition en alternant déchets azotés et carbonés de façon bien équilibrée, jusqu’à ce que la pile de couches successives atteigne environ 1 m de hauteur. Le type de fumier varie (poule, chèvre, vache). En milieu de pile, on a ajouté une couche de copeaux de bois sur la couche de branchages secs. Très important : on arrose largement entre chaque couche! On termine le tas par de l’herbe sèche, de la paille et on recouvre de terre du jardin.

Piquer le tas en maints endroits pour apporter l'oxygène.

Piquer le tas en maints endroits pour apporter l’oxygène.

Il faut maintenant ajouter l’oxygène : on pique le tas jusqu’au sol une dizaine de fois. Puis on ferme le tas avec une bâche en plastique.

Pradeepa est ravie. Chaque matinée de travail est coupée par une longue pause. Aujourd’hui, elle nous a préparé un kolakanda. Pour les enfants qui gravitent autour du jardin, c’est l’occasion très enrichissante d’échanger. La langue n’est pas une barrière.

Retourner le tas tous les 7 jours.

Retourner le tas tous les 7 jours.

Au bout de 7 jours, on retournera cette pile pour reformer une structure carrée qui aura diminué en hauteur. On recommencera 7 jours après. Au 21e jour, le compost sera prêt à l’utilisation. 1m cube au départ constitue 450 kg de compost! Pour un jardin de 2 ares (200 m2), on recommande 7 tas de compost..

Cette expérience dans les jardins sri-lankais est menée lors de voyages solidaires organisés par l’agence française Double Sens. En juillet,  l’équipe (composée de cinq femmes et un jeune garçon) a contribué à la mise en place de deux jardins bio dans le village de Mirihawatte et à la plantation d’arbres le long de la rivière – au total 140 plantes et 34 arbres.

C'est chaud? C'est que ça marche...

C’est chaud? C’est que ça marche…

Ces actions sont encadrées par l’association Rainforest Rescue International qui vise à la promotion de la forêt analogue, sur le site de Belipola.

 

 

 

 

Emmanuelle Gunaratne

À propos de l'auteur

Emmanuelle Gunaratne

Française ayant atterri au Sri Lanka. De nature ouverte et toujours curieuse d’apprendre, j’ai une formation de gestion en entreprise (marketing, création et développement de produits), métier que j’ai pratiqué au Sri Lanka. Terrienne jusque dans l’ADN, j’aime voyager, observer, analyser les faits de société. Conquise par un certain art de vivre, découvert au Sri Lanka, où culture rime avec nature, je suis heureuse de partager mes trouvailles sur ce blog.

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